En résumé
- Le vrai ennemi de la mi-saison n’est pas la pluie, c’est la transpiration sous le manteau
- Imperméable et déperlant ne veulent pas dire la même chose, et ça change tout à l’usage
- Un vêtement parfaitement étanche mais non respirant vous mouille de l’intérieur
- La bonne question n’est pas la coupe mais le temps que vous passez dehors et à quel rythme
- La déperlance s’use au lavage et se ravive avec un spray, ce n’est pas une propriété éternelle
J’ai longtemps choisi mes manteaux de pluie comme tout le monde. Je regardais la coupe, la couleur, et je vérifiais que l’étiquette annonçait bien « imperméable ». Puis j’arrivais au bureau après vingt minutes de marche, je retirais le manteau… et mon chemisier était humide. Pas à cause de la pluie, NON. Il m’a fallu des années et une conversation avec un vendeur honnête pour comprendre ce qui se passait vraiment.
Un manteau de pluie peut vous mouiller de l’intérieur
Commençons par le vocabulaire, parce que deux mots circulent et qu’on les emploie comme s’ils étaient interchangeables. Ils ne le sont pas du tout.

Déperlant et imperméable ne veulent pas dire la même chose
Un tissu déperlant a reçu un traitement de surface. L’eau perle dessus et roule sans pénétrer, exactement comme sur une feuille de capucine après l’averse. C’est efficace, c’est léger, et ça laisse respirer le tissu. Mais sous une pluie battante et prolongée, le traitement finit par saturer.
Un tissu imperméable, lui, oppose une vraie barrière à l’eau. Rien ne passe, jamais, même sous des trombes. Le problème, c’est que rien ne passe dans l’autre sens non plus. Et c’est là que se joue toute la différence pour un usage de ville, ce que l’on obtient justement avec ces manteaux Laura Jo en polyamide traité, conçus pour la pluie du quotidien plutôt que pour une randonnée en montagne.
Pourquoi on ressort trempée d’un manteau étanche ?
L’explication tient en trois phrases, et elle m’a manqué pendant vingt ans. En marchant, votre corps produit de la vapeur d’eau, même quand vous n’avez pas l’impression de transpirer. Un quart d’heure de marche rapide et c’est déjà considérable.
Si le manteau est totalement étanche et non respirant, cette vapeur ne sort pas. Elle se condense sur la face intérieure du tissu, redevient de l’eau, et retombe sur vos vêtements. Vous êtes mouillée de l’INTÉRIEUR, avec un manteau qui a pourtant parfaitement fait son travail contre la pluie. C’est absurde, et c’est pourtant le cas de la majorité des imperméables bon marché.
Le conseil le plus utile de cet article tient donc là. Pour vingt ou trente minutes de trajet en ville, un vêtement déperlant et respirant vous gardera bien plus au sec qu’un vêtement étanche qui ne respire pas. Croyez-moi.
La colonne d’eau et le RET se lisent sur l’étiquette
Il existe des mesures normées pour ces deux propriétés. Elles ne figurent presque jamais sur un manteau de mode, et cette absence est en soi une information.
La colonne d’eau se mesure en millimètres
Elle mesure l’étanchéité. On pose un tube sur le tissu, on le remplit d’eau, et on note à quelle hauteur les premières gouttes traversent. L’unité s’appelle le Schmerber, du nom de son inventeur, et un Schmerber égale un millimètre.
La norme européenne EN 343 considère qu’un tissu est imperméable à partir de 1 300 mm. Autour de 5 000 mm, on résiste à une averse ordinaire. À 10 000 mm, on est au standard d’une bonne veste de randonnée. Au-delà de 20 000, on entre dans le matériel de haute montagne, ce dont personne n’a besoin pour aller chercher le pain.
Le RET fonctionne à l’envers
Celui-là mesure la respirabilité, et il piège tout le monde parce que plus le chiffre est bas, mieux c’est. En dessous de 6, le tissu est ultra-respirant. Entre 6 et 12, il respire correctement. Au-dessus de 12, il respire mal, et au-delà de 40 la durée de port devient franchement limitée.
Voilà pourquoi j’insiste tant sur ce point. Un manteau à 20 000 mm de colonne d’eau avec un RET de 40 vous gardera parfaitement de la pluie… et vous fera transpirer comme dans un sac plastique.
Et si l’étiquette reste muette ?
C’est le cas de la quasi-totalité des manteaux de mode, et ce n’est pas un scandale. Cela signifie simplement que vous avez affaire à un déperlant, un vêtement traité en surface, conçu pour la pluie du quotidien et non pour une expédition.
Pour une ville, un bureau, des courses et des trajets courts, c’est exactement ce qu’il faut. Ne cherchez donc pas des performances techniques sur une pièce de vestiaire, cherchez plutôt la qualité du traitement, la coupe et les finitions.
Combien de temps passez-vous dehors ?
Ma grand-mère Alice avait une façon de dire les choses qui m’agace encore aujourd’hui tellement elle avait raison. Elle demandait toujours « pour quoi faire ? » avant de donner un avis sur un achat.
Le temps passé dehors décide de tout
C’est le premier critère, et il précède tous les autres. Dix minutes entre la voiture et le bureau, ce n’est pas la même chose qu’une heure de marché le samedi matin sous le crachin.
Pour les trajets courts, privilégiez la légèreté et la respirabilité. Le manteau n’a pas le temps de saturer, et vous, vous n’avez pas le temps d’étouffer dedans. Pour les sorties longues sous une vraie pluie, il faut de l’étanchéité, quitte à ouvrir de temps en temps pour évacuer l’humidité.
À quel rythme allez-vous marcher ?
Deuxième question, et je n’ai jamais entendu un vendeur la poser. Une promenade tranquille ne produit presque pas de vapeur. Un pas rapide pour attraper le train, si.
Si vous marchez vite ou si vous portez des sacs, orientez-vous vers des modèles ouverts sous les bras, avec des matières fines et des fermetures que vous pouvez entrouvrir. Une capuche amovible aide aussi, parce qu’une bonne partie de la chaleur s’échappe par la tête.
Comparons les deux côte à côte
Voici de quoi y voir clair d’un coup d’œil, parce que j’aurais aimé avoir ce tableau sous les yeux il y a vingt ans.
| Déperlant | Imperméable | |
|---|---|---|
| Principe | Traitement de surface, l’eau perle | Barrière étanche, rien ne passe |
| Respirabilité | Bonne, le tissu reste ouvert | Variable, souvent médiocre en entrée de gamme |
| Sous une averse | Parfait sur une durée courte | Parfait quelle que soit la durée |
| Sous une pluie longue | Finit par saturer | Tient, mais on transpire dedans |
| Durée dans le temps | Se ravive au spray | Dépend des coutures et de la membrane |
| Usage idéal | Ville, trajets, quotidien | Sorties longues, montagne, travail dehors |
Ce que je regarde en cabine d’essayage
Une fois cette question réglée, on peut regarder le vêtement lui-même. Sur un manteau de mi-saison en polyamide traité, les prix s’échelonnent en gros de 30 à 90 euros, et au-delà on paie surtout la griffe ou la matière noble. Dans cette fourchette, ce sont les finitions qui font la différence, et voilà ce que je regarde.
Regardez les coutures d’abord. Sur un vêtement réellement étanche, elles sont thermosoudées, c’est-à-dire recouvertes d’une bande à l’intérieur. Sur un vêtement simplement déperlant, elles sont cousues normalement. Ni l’un ni l’autre n’est un défaut, cela vous dit simplement à quoi vous avez affaire.
Examinez ensuite les poches. Une poche zippée avec un rabat protège le contenu, une poche ouverte se remplit d’eau à la première averse. C’est bête mais on l’oublie systématiquement en cabine. Vérifiez aussi les poignets, resserrés ou non, parce que la pluie remonte les manches quand on tient un parapluie.
Un mot enfin sur les modèles réversibles, qui reviennent en force. Le principe est malin, une face imperméable et un envers en fausse fourrure ou en sherpa. Vous avez deux manteaux dans un seul, ce qui est appréciable quand la penderie déborde déjà. Et pour la mi-saison, un garnissage léger de l’ordre de soixante grammes suffit largement, au-delà on transpire.

Parlons style
Maintenant qu’on a parlé sérieusement, on peut parler du plaisir. Parce qu’un manteau doit aussi vous plaire, sinon vous ne le porterez pas.
Quelle longueur choisir ?
Un modèle court s’arrête à la taille ou juste en dessous, il libère les jambes et donne une allure vive. Un modèle long descend sous le genou, il protège davantage et étire visuellement la silhouette.
La règle que j’applique est simple. Si vous portez souvent des robes ou des jupes, prenez plus long que la robe, sinon l’ourlet dépasse et c’est disgracieux. Si vous êtes plutôt jean et bottines, le court fonctionne mieux et vous encombrera moins.
Les couleurs qui vieillissent bien
Le beige, le kaki, le noir et l’écru traversent les saisons sans se démoder, et surtout ils s’accordent avec ce que vous avez déjà. C’est le critère que je regarde en premier, parce qu’un manteau que l’on ne peut porter qu’avec trois tenues finit au fond du placard.
Cela dit, ne vous interdisez pas une teinte plus affirmée si elle vous fait plaisir. Un bronze métallisé ou un léopard en doublure réveille une tenue entièrement neutre, et par temps gris on a bien besoin de ce genre de petit remontant !
Ce qu’on met dessous
C’est la partie que l’on néglige et qui décide pourtant du confort réel. En mi-saison, la température varie de dix degrés entre le matin et l’après-midi, donc on superpose plutôt qu’on épaissit.
Une maille fine, un gilet léger, et une couche intermédiaire que l’on peut retirer. À ce propos, une chemise en jean fait une couche intermédiaire remarquable sous un imperméable, assez chaude pour le matin et facile à ôter dès que le soleil revient.
Comment raviver un manteau qui ne perle plus ?
Dernier point, et il est essentiel parce que beaucoup de femmes croient leur manteau défectueux alors qu’il est simplement fatigué.
Le traitement déperlant n’est pas éternel. Il s’use avec les frottements et surtout au lavage. Lavez donc à 30 degrés maximum, en cycle délicat, et bannissez l’assouplissant qui vient précisément boucher ce qui doit rester ouvert. Évitez également le sèche-linge sur ce type de pièce.
Un détail que peu de gens connaissent, et il change la façon de voir l’entretien. Quand la déperlance s’épuise, le tissu extérieur se gorge d’eau, et un tissu gorgé cesse de respirer. Vous perdez donc les deux propriétés d’un coup, pas seulement l’étanchéité.
Quand l’eau ne perle plus mais s’étale sur le tissu, c’est le signal. Un spray imperméabilisant vendu en droguerie ou en magasin de sport redonne au vêtement sa propriété d’origine pour quelques euros. Je le fais une fois par an, à la fin de l’hiver, en même temps que je range les manteaux. Ça prend dix minutes et ça prolonge un manteau de plusieurs saisons !
Questions fréquentes
Quelle différence entre un imperméable et un déperlant ?
Le déperlant a reçu un traitement de surface qui fait perler l’eau, il reste respirant mais sature sous une pluie prolongée. L’imperméable oppose une barrière étanche, rien ne passe dans un sens comme dans l’autre. Pour un usage urbain de courte durée, le déperlant est souvent plus confortable, car il laisse s’échapper la transpiration.
Pourquoi ai-je chaud et humide sous mon imperméable ?
Parce qu’il est étanche mais pas respirant. La vapeur d’eau que votre corps produit en marchant ne peut pas s’évacuer, elle se condense contre la face intérieure du tissu et retombe sur vos vêtements. Cherchez un modèle plus respirant, plus fin, ou ouvrez la fermeture par intermittence pendant le trajet.
Quelle longueur d’imperméable choisir ?
Cela dépend surtout de ce que vous portez dessous. Si vous êtes souvent en robe ou en jupe, prenez un modèle plus long que l’ourlet, sinon celui-ci dépassera. Si vous portez plutôt des pantalons, une coupe courte à la taille libère les mouvements et convient mieux aux trajets urbains.
Comment savoir si mon manteau est encore imperméable ?
Posez quelques gouttes d’eau dessus et observez. Si elles perlent et roulent, tout va bien. Si elles s’étalent et que le tissu fonce à cet endroit, la déperlance est épuisée. Un spray imperméabilisant appliqué sur un vêtement propre et sec suffit généralement à la restaurer.